Dr Catherine G.

Quel est votre avis sur toutes ces nouvelles encres qui arrivent comme l'encre phosphorescente qui réagit uniquement à la lumière noire ?

…Autrefois on avait des pigments naturels qui étaient plus des colorants comme l'indigo, l'alizarine, la garance qui étaient utilisés dans l'industrie du textile.
On s'est rendu compte qu'ils ne tenaient pas sous la peau lorsqu'ils étaient appliqués lors de tatouages.
Donc depuis le début du siècle les tatoueurs sont passés à des pigments synthétiques.
Ils sont stabilisés sur des résines. La résine donne de la brillance à la couleur. Pour nous c'est là tout le problème.
Personnellement je n'ai jamais eu affaire à cette encre phospho mais j'imagine ô combien elle risque de réagir au bout de quelques temps et également à quel point elle peut être dure à exploser.
La plupart des pigments synthétiques sont désormais à base d'oxyde de fer. Et quand on parle d'oxydation, c'est surtout en matière de détatouage.
Quand on fait agir un laser pigmentaire dessus, il y a transformation de l'oxyde ferreux en oxyde ferrique. Par exemple un pigment qui est marron clair va devenir noir. Il y a une réaction chimique sous l'effet de la chaleur. D 'où ce virement de couleur.

Pouvez vous nous expliquer ce qu'est le procédé de chromatographie ?

C'est l'étude de la quantification des couleurs.

Votre collègue Jean Luc Levy dit qu'il est plus facile de traiter des encres à base d'oxyde de titane et de manganèse plutôt que d'autres…

Ce n'est pas tout à fait vrai. La molécule de l'oxyde de titane est assez grosse. En revanche il n'y a pas l'oxyréduction que l'on a avec les oxydes de fer. Et la taille de la molécule fait que ce n'est pas du tout facile à détruire.

Qu'est ce qu'un bilan histologique ?

On prélève un bout de peau. On appelle ça une biopsie. Donc on prend cette " carotte " et on l'observe au microscope. Vous avez une coupe histologique de peau. Vous voyez l'épiderme, le derme et l'hypoderme. On voit ainsi jusqu'où le pigment est installé.
Bien souvent on le retrouve dans le derme superficiel, dans l'hypoderme, autour des vaisseaux. C'est souvent très profond quand le tatouage a été fait à la main.

Que se passe-t-il lorsque quelqu'un vient vous voir après s'être fait tatouer et qu'une couleur l'incommode physiquement ?

Si la personne est allergique à une couleur telle que bien souvent le rouge ou le vert, il faut détatouer ces couleurs. Son terrain allergique peut se croiser avec d'autres produits.
L'idéal est de faire un bilan dermatologique avant de se faire tatouer.
Mais bien souvent on ne sait pas si on est allergique ou non !
Mais il n'y a aucun traitement, aucune crème à appliquer sur une couleur qui gêne. Il faut la détatouer.

Le vitiligo (tâches blanches), est considéré comme une maladie. Vaut-il mieux attendre que celle-ci soit résorbée avant de projeter de se faire un tatouage ?

Dans tous les congrès je dis haut et fort qu'il ne faut pas tatouer un vitiligo pour deux raisons.
Quand on tatoue sur une plaque de vitiligo, les pigments du tatouage virent.
C'est une maladie immunologique. Il y a une réaction immunologique qui se passe. Le tatoueur, en appliquant son tatouage sur une personne atteinte de cette maladie, va déclencher une poussée de vitiligo !..

Pour ce qui est des soins post opératoires… Quel apport curatif peut jouer le zinc dans le processus de cicatrisation ?

Le zinc, tout comme la vitamine C, sont des produits qui sont réputés pour accélérer la cicatrisation.
C'est la réalité car ce sont des éléments nécessaires dans le processus enzymatique de la cicatrisation.


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